Opinion

Permettons nous d’être féministes pour une fois

8 mars 2015
Mère et fille

En cette journée de la femme, tout le monde a son opinion sur le sujet et on peut avoir l’impression que tout a été dit. Pourtant, on n’en parlera jamais assez.

Je suis féministe

À mon grand désarroi, être féministe est encore mal vu. Trop de gens pensent que le féminisme est associé à la valorisation de la femme au détriment de l’homme et je ne sais plus comment aborder le sujet pour convaincre mon entourage.

Le féminisme est pour l’égalité des sexes, dans tous les aspects de nos vies.

Le mouvement a eu une très mauvaise réputation dans les dernières années et/ou décennies. Au moins, il y a la journée de la femme qui semble avoir meilleure presse. Profitons de ce capital de sympathie pour parler de féminisme.

Marc le tannant

Quand j’étais à l’école primaire, je me souviens d’avoir envié les garçons parce qu’ils avaient le droit de déranger en classe, de niaiser, de faire rire. Déjà à l’âge de 8 ans, je percevais une différence entre le traitement de mes camarades de classe masculin et féminin. En 3e année, il y avait un gars dans ma classe, Marc, il était le bum du groupe. Il volait des revues au dépanneur du coin et il embrassait des filles dans la cour d’école. En classe, ce n’était pas mieux, il dérangeait constamment en parlant et en faisant des blagues. Pourtant, notre professeure le réprimandait que très rarement. Elle avait accepté que Marc soit ainsi et elle essayait même de se lier d’amitié avec lui. Avec le recul, je me dis qu’elle agissait ainsi sans doute dans le but d’éviter que la situation ne s’empire, mais à cette époque, j’étais jalouse de Marc. Moi aussi je voulais dire des blagues pour faire rire toute ma classe et moi aussi je voulais parler sans me soucier de l’opinion de ma professeure. Malheureusement, notre société a encore des « moules » pour les deux sexes, et j’étais bien en train de me former à travers ce « moule ». La petite fille doit être obéissante, jolie, douce et aimante. Le petit garçon, lui, doit être confiant et fort.

Éducation sexiste dès la naissance

J’avais déjà lu une étude qui démontrait que le « moule » commençait à former l’enfant dès les premiers jours de vie du bébé. En gros, les chercheurs avaient identifié des bébés naissants des deux sexes qui étaient semblables au niveau de leur taille, leur poids et leur allure générale. Les chercheurs demandaient alors aux parents de décrire leur nouveau-né. À travers cet exercice, ils ont été forcés de constater que les parents de filles décrivaient leur bébé comme étant mignonne, calme, délicate, alors que les parents de garçons décrivaient leur bébé comme étant dodu, fort, solide. C’est certain que si on valorise dès les premiers jours de vie nos enfants avec des qualificatifs sexistes, la plupart évolueront en ce sens en voulant plaire à leur entourage en s’associant à ces qualificatifs!

Et on a beau dire que nous ne sommes pas sexistes, c’est souvent malheureusement ancré en nous.

Je suis féministe depuis aussi loin que je me souvienne et pourtant, je m’étonne de dire aux filles de mes amies combien elles sont belles. Est-ce que j’agis pareil avec les garçons de mes amies? Non. Et pourquoi? Ce sont des valeurs si bien enfouies en nous qu’il faut plus qu’en prendre conscience, il faut apprendre à s’en départir.

L’égalité des sexes doit passer par l’éducation. Ce sont les enfants d’aujourd’hui qui formeront la société de demain. Enseignons à nos enfants qu’ils ont le droit d’être qui ils veulent et peut-être, vivrons-nous un jour dans une société complètement égalitaire.

féministes

Ne dites pas à votre fille de ne pas sortir. Dites à votre fils de bien se comporter.

Journée de l’homme

L’homme aussi a son mot à dire là-dedans. Ces « moules » sexistes sont autant réducteurs pour eux que pour nous. Il y a d’ailleurs une journée de l’homme, le 19 novembre. Parce qu’eux aussi ont vécu beaucoup de changements dans leur identité sexuelle au cours des dernières années, il est important qu’ils se posent des questions et qu’ils viennent qu’à s’affirmer en tant qu’homme moderne dans notre société.

Bûcheronne urbaine

Bûcheronne urbaine, c’est moi. Moi qui a voulu sortir des « moules ». J’agis et je m’exprime comme je le veux et non comment la société me l’a enseigné. Ça fait de moi une bûcheronne aux yeux de certains, mais je m’en balance et je m’assume comme tel.

Alors que plus jeune, j’entendais ma mère me dire combien c’était pratique un homme dans une maison, je me suis donné comme mission de lui prouver le contraire!

Si on montre aux filles comment installer une tablette ou réparer un robinet comme on le fait avec les gars, il n’y aura plus de « jobs de filles » ou de « jobs de gars » et tout le monde en sortira gagnant!

 

Source image de couverture: Aikawa Ke

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